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CHAPITRE I. a51
tat de cette sévère discipline, tout les faisaitreconnaître et citer au milieu de toute l’armée.
La division Gudin manquait : un ordre malécrit l’avait fait errer pendant vingt-quatreheures dans des bois marécageux ; elle arrivacependant, mais affaiblie de trois cents com-battants : car on ne répare ces erreurs quepar des marches forcées, où les plus faiblessuccombent.
L’empereur franchit en un jour l'intervalleniontueux et boisé qui sépare la Düna du Bo-fysthène ; ce fut devant Rassasna qu'il tra-versa ce fleuve. Sa distance de notre patrie,jusqu’à l’antiquité de son nom, tout en luiexcitait notre curiosité; pour la première fois,les eaux de ce fleuve moscovite allaient porterUne armée française, et réfléchir nos armesvictorieuses. Les Romains ne l’avaient connuque par leurs défaites ; c’était sur ces mêmesflots que descendaient les sauvages du nord,les enfants d'Odin et de Rurick , pour allerpiller Constantinople . Long-temps avant de1 apercevoir, nos regards- le cherchèrent avecUne ambitieuse impatience ; nous rencontra-Uies une rivière étroite et encaissée entre desbords boisés et incultes : c’était le Borystlièneflui se présentait à nos veux avec cette hum-ble apparence; Toutes nos orgueilleuses pen-sées s'abaissèrent à cet aspect, et bientôt elless’évanouirent devant la nécessité de pourvoirH nos premiers besoins.