CHAPITRE X. 365
Polonais , ne revînt s’emparer du champ debataille derrière Ney et Murat. Ce fut au moinsune des causes pour lesquelles il retint sagarde en observation sur ce point. Il répon-dait à ceux qui le pressaient : <c qu’il y vou-» lait mieux voir; que sa bataille n’était pas» encore commencée; que la journée seraitlon-» gixe , qu'il fallait savoir attendre ; que le» temps entrait dans tout; que c’était, l’élé-« ment, dont toutes choses se composaient ;a que rien n’était assez débrouillé. » Puis ildemandait 1 heure, et ajoutait : « que celle de» sa bataille n’était pas encore venue; qu’elle» commencerait dans deux heures. «
Mais elle ne commença pas; on le vit pres-que toute cette journée s’asseoir ou se prome-ner lentement,, en avant et un peu à gauchede la redoute conquise le 5,surles bords d’uneravine, loin de cette bataille, qu’il apercevaità peine depuis qu elle avait dépassé les hau-teurs ; sans inquiétude, lorsqu’il la vit repa-raître , sans impatience contre les siens, nicontre l'ennemi. Il faisait seulement quelquesgestes d'une triste résignation quand, à chaqueinstant, on venait lui apprendre la perte de sesmeilleurs généraux. Il se leva plusieurs foispour faire quelques jias , et se rasseoir encore.
Chacun autour de lui le regardait avec éton-nement. Jusque-là, dans ces grands chocs ,on lui avait vu line activité calme; mais ici ,c’était, un calme lourd, une douceur molle,