366 LIVRE VII.
sans activité : quelques-uns crurent y recon-naître cet abattement, suite ordinaire des vio-lentes sensations ; d’autres imaginèrent qu’ils’était déjà blasé sur tout, même sur l’émo-tion des combats. Plusieurs observèrent quecette constance calme, ce sang-froid des grandshommes dans ces grandes occasions, tournent,avecletemps en flegme et en appesantissement,quand l’âge a usé leurs ressorts. Les plus zélésmotivèrent son immobilité sur la nécessité ,quand on commande sur une grande étendue ,de ne pas trop changer de place, afin que les nou-velles sachentoù vous trouver.Enfin, ilyeneut.qui s’en prirent, avec plus de raison, à sa santéaffaiblie, à une secrète souffrance, et au com-mencement d’une forte indisposition.
Les généraux d’artillerie, qui s'étonnaientaussi de leur stagnation, profitèrent prompte-ment de la permission de combattre , qu’onvenait de leur donner. Ils couronnèrent bien-tôt les crêtes. Quatre-vingts pièces de canonéclatèrent à la fois. La cavalerie russe vint lapremière se briser contre cette ligne d'airain,elle s’en fut derrière son infanterie.
Celle-ci s’avançait par masses épaisses , oùd’abord nos boulets firent de larges et pro-fondes trouées; et pourtant elles approchaienttoujours, quand les batteries françaises, re-doublant , les écrasèrent de mitraille. Des pe-lotons entiers tombaient à la fois; on voyaitleurs soldats chercher à se remettre ensemble