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Tome premier.
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CHAPITRE X. ^67

Sous ce terrible feu. A chaque instant, sépa-rés par la mort, ils se resserraient sur elle, enla foulant aux pieds.

Enfin ils s’arrêtèrent, n'osant avancer da-vantage et ne voulant pas reculer, soit qu’ilsfussent saisis et comme pétrifiés d’horreur, aumilieu de cette grande destruction, ou quedans cet instant Bagration ait été blessé; soitqu’une première disposition échouant, leursgénéraux n’en sussent pas changer, n’ayantpas , comme Napoléon , le grand art de remuerde si grands corps à la fois, avec ensemble,et sans confusion. Enfin ces masses inertes selaissèrent écraser pendant deux heures , sansautre mouvement que celui de leur chute. OnVit alors un massacre effroyable, et la valeurintelligente de nos artilleurs admira le con-tage immobile, aveugle et résigné de leurs en-nemis.

Ce furent les victorieux qui se fatiguèrentles premiers. La lenteur de ce combat d’artil-lerie irrita leur impatience. Leurs munitionss'épuisaient; ils se décident : Ney marche doncen étendant sa droite, qu’il fait rapidementavancer pour tourner encore la gauche dunouveau front qu’on lui a opposé. Davout etMurat le secondent, et les débris de Ney sontVainqueurs des restes de Bagration.

La bataille cesse alors dans la plaine , elle seconcentre sur le reste des hauteurs ennemies,et vers la grande redoute, que Barclay, avec