CHAPITRE XIII. Zg 5
lui était odieuse; on voulut pourtant la luilaisser , mais comme il s’efforcait de l’ôter auxsoldats qui l'entouraient, la pitié fit place à lacolère, et on le satisfit.
Yers Krymskoïé, le 11 septembre, l’arméeennemie reparut bien établie dans une forteposition. Elle avait repris sa méthode d’avoirégard, dans sa retraite , au terrain plus qu’àl’ennemi. Le duc de Trévise fit d’abord con-venir Murat de l’impossibilité d’attaquer ; maisla fumée de la poudre eut bientôt enivré cemonarque. Il se compromit, et obligea Du-four, Mortier, et leur infanterie , de s’avan-cer. C’était le reste de la division Friand et lajeune garde. On perdit là, sans utilité, deuxmille hommes de cette réserve , ménagée simal à propos le jour de la bataille ; et Mortierfurieux écrivit à l’empereur qu’il n’obéiraitplus à Murat.
Car c’était par des lettres que les générauxd’avant.-garde communiquaient avec Napo léon . Il était resté depuis trois jours à Mo-jaïsk, enfermé dans sa chambre, toujoursconsumé par une fièvre ardente, accabléd’affaires et dévoré d’inquiétudes. Un rhumeviolent lui avait fait perdre l’usage de la pa-role. Forcé de dicter à sept personnes à lafois, et ne pouvant se faire entendre , il écri-vait sur différents papiers le sommaire de sesdépêches. S’il s’élevait quelques difficultés, ils’expliquait par signes.