774 HISTOIRE ABRÉGÉE
' — ■■■ - de Senlis, tenu alors par les chanoines réguliers de la congrégation de France ,
17p6. appelés vulgairement Génovéfains, et en 1727 il entra dans cette congré-gation.
La théologie, à laquelle on le destina d’abord, fut long-temps sa prin-cipale occupation ; il s’y distingua au point d’être professeur à vingt-quatreans, avant même que d’être prêtre : mais, en 1745, les troubles du jansénisme lefirent condamner à enseigner les basses classes dans les collèges de Senlis ,de Chartres et de Rouen . Il fut déplacé et persécuté par l’autorité ; et ce nefut qu’en 1749 que M. Le Cat, fameux chirurgien de Rouen , qui venait deprocurer à son pays, en 1748, l’établissement d’une Académie, le fit choisircomme un des membres. On n’avait point d’astronome à l’Académie ; Pingrédit qu’il s’occuperait d’astronomie , et il devint un grand astronome. — Maga-sin encyclopédique, tome III, p. 42.0.
Il s’en occupa avec succès dès 1750. Le 2 mai 1753 , il fut élu correspon-dant de l’Académie des sciences de Paris, ayant envoyé l’observation du pas-sage de Mercure, qu’il avait faite à Rouen avec le C. cn Bouin , son confrère etson ami.
La considération dont il jouissait dans son ordre le fit envoyer à Paris ,où il pouvait faire honneur à sa congrégation; il y connut Le Monnier , dont lezèle pour l’astronomie saisissait tous les moyens de faire des prosélytes. LeMonnier venait de me lancer dans la carrière; il en fit autant pour Pingré,quoiqu’il eût vingt ans de plus : mais l’application et le talent de celui-cicompensaient bien le défaut de jeunesse. Notre maître lui proposa tout de suitede se faire connaître par le travail le plus pénible qu’un astronome pût entre-prendre ; ce fut de calculer un almanach nautique, pour déterminer les navi-gateurs à observer les longitudes par le moyen de la lune , en les dispensantde la partie la plus difficile, qui est celle des calculs qu’exige cette méthode.
Pingré calcula donc, pour 1754» son État du ciel, où le lieu de la luneétait calculé rigoureusement sur les tables de Halley , pour midi et pour mi-nuit , avec l’ascension droite en secondes de temps deux fois le jour ; l’argu-ment annuel et les distances de la lune au soleil, qui pouvaient servir à prédireles erreurs des tables, d’après les observations de Halley et celles de LeMonnier , que l’on avait commencé d’imprimer dès 1751.
L’année d’après , il préféra les tables des Institutions astronomiques de LeMonnier , et il calcula les lieux de la lune plus rigoureusement encore , c’est-à-dire, en secondes. « Je doutais, l’année dernière, dit-il dans la préface,» qu’un seul homme pût suffire pour calculer, dans toute la perfection pos-» sible , les mouvemens de la lune; je n’en doute plus maintenant, et c’est« par ma propre expérience. » Pingré aurait pu dire qu’il était presque leseul qui pût faire une pareille expérience. Aussi, quand il fut question descalculs de la Connaissance des temps en 1759, Le Monnier voulait, avecraison, qu’on la confiât à Pingré; et il l’eût faite bien mieux que moi, quien fus chargé. La petite pension qui y était attachée , et qu’on ne voulaitpas donner à un religieux, fut la seule cause de cette préférence, ou plutôt