DE L’ASTRONOMIE. 7 8t
dans les sciences ; et c’est l’objet le plus important pour les êtres pensans, quientraînent toujours le jugement de l’univers et celui de ia postérité.
Le baron de Kregel de Sternbach , mort en 1788, avait légué 20000 francspour les sciences; les intérêts devaient servir à faire voyager, trois ans sur huit,un astronome. Burchkardt en jouissait quand il alla à Gotha en 1796, à l’in-vitation de M. Hindenburg. II y passa deux ans. Il est venu à Paris , où il aobtenu une place que l’on devait à son mérite , et qui l’a fixé pour toujoursen France , où il est devenu un de nos premiers astronomes.
Les Mémoires de la ci-devant Académie des sciences pour 1790 , impri-més depuis trois ans, furent enfin publiés : c’est le dernier volume d’une grandeet importante collection, composée de 139 volumes. On trouve dans celui-ciun savant traité du flux et du reflux de la mer par le C. cn La Place , oùl’on voit que les observations sont parfaitement d’accord avec l’attraction dusoleil et de la lune, au moyen de la théorie du mouvement des fluides, quiest plus avancée qu’elle n’était lorsque Newton, Euler , Bernoulli et Maclau-rin publièrent leurs recherches. J’avais donné en 1781 les premiers résultats dela théorie dans mon Traité du flux et du reflux de la mer, avec plus dedeux mille observations des marées, faites à Brest au commencement du dix-huitième siècle.
Le C. cn Monneron tn’a aussi envoyé sur les marées, des observations qu’ila recueillies dans ses grands et utiles voyages. J’en ai reçu de plusieurs autresparties du monde , et j’espère donner ainsi une nouvelle édition de mon Traitéavec beaucoup d’augmentations. Le C. cn La Place en a beaucoup avancé lathéorie , et j’aurai beaucoup augmenté la masse des faits qui doivent en êtrele fondement.
La Connaissance des temps , qui est le manuel des astronomes et des navi-gateurs , parut pour l’an Vil, et celle de l’an VIII était très-avancée. Ony trouve les positions de plus de 4°°° étoiles qui n’avaient jamais été obser-vées , quoique visibles à la vue simple; un catalogue de i46 étoiles qui ontdisparu, ou du moins qui ne sont point à la place qu’on leur avait assignée,soit qu’elles se soient éteintes, ou qu’il y ait des fautes dans les catalogues,ou qu’enfin il y ait des planètes que nous ne connaissons point encore , commecelles que Herschel, Piazzi et Olbers ont découvertes.
On y voit encore une suite de vingt années d’observations par le C. en Mes-sier; des observations de Mercure faites à Mirepoix par le C. cn Vidal, qui aeu l’avantage de le voir plus près du soleil que personne. Cette planète ,si difficile à voir, que le grand Copernic n’avait jamais observée, et dont lestables étaient sans cesse démenties par les observations , se trouve enfin connueavec une précision plus grande même que les autres planètes; et les tables quej’avais données l’année précédente , se trouvaient complètement vérifiées parces nouvelles observations.
Le C. en Duc-la-Chapelle, de Montauban , nous en envoya aussi un grandnombre; et le jeune C. cn Bernier , qui travaillait avec lui, nous envoya desobservations et des calculs qui prouvent et son courage et son habileté : c’est
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