79 2 HISTOIRE ABRÉGÉE
-et M. Rumousky lui faisait voir les astres à Sarkoe-selo ; il en reçut même, à
cette occasion, une montre à diamans.
L’ambassadeur ottoman, Seyd-Ali-Effendi, qui arriva à Paris au mois dejuillet, avait pour premier interprète l’Athénien Codrika, qui aime l’astronomie ,et qui a donné en grec moderne une traduction des Mondes de Fontenelle , àlaquelle il a joint des notes tirées de nos ouvrages : ce savant espérait porterdans son pays l’émulation du nôtre. Beauchamp m’avait déjà envoyé des épreuvesde nos tables de logarithmes, imprimées en turc pour l’école d’ingénieurs établieà Constantinople .
Le C. cn Monneron l’aîné, retiré à Annonai, sa patrie , m’a envoyé un grandnombre de notes intéressantes sur l’astronomie de l’Inde , où il a été long-temps; il y a joint une grande carte des constellations des Indiens, dont ila étudié l’astronomie, ainsi que Le Gentil et Bailly. II trouve le traité de cedernier au-dessous de la réputation de l’auteur. Je l’avais trouvé plein deconjectures savantes , mais peu fondées. Bailly s'étonne de l’antiquité desconnaissances indiennes, et il me semble qu’il n’en donne aucune preuve con-cluante. Les C. cns de Guignes et Anquetiï m’ont paru en avoir la même idée.
L’histoire de l’astronomie doit s’enrichir d’un trait qui fait honneur augénéral Bonaparte , ainsi qu’aux astronomes. La Société italienne, dont lechef-lieu était Vérone , et dont le président est M. Cagnoli, célèbre astro-nome de la même ville , avait des fonds dont la municipalité crut pouvoirdisposer. La maison de M. Cagnoli avait été endommagée par une bombe : ilcrut que nous pouvions contribuer à réparer cet inconvénient ; et avant denous adresser au Gouvernement, dont les dispositions favorables nous étaientcependant connues, je crus pouvoir hasarder une lettre au héros de l’Italie et de la France . Je n’espérais cependant pas qu’il eût assez de calme et deloisir pour faire quelque attention à ma prière. Je n’en fus que plus charmé derecevoir la lettre suivante : 22 Prairial an V, « Au moment où je reçois votre53 lettre, je donne des ordres et je prendrai toutes les mesures nécessaires« pour assurer à la Société de Vérone,la jouissance de ses fonds et l’intégrité« de son établissement. Si le célèbre astronome Cagnoli ou quelques-uns» de ses collègues avaient été froissés par des événemens affligeans qui se sont« passés dans cette ville, je les ferais indemniser. Je saisirai toutes les cirçons-« tances pour faire quelque chose qui vous soit agréable, et pour vous con-» vaincre de l’estime et de la haute considération que j’ai pour vous. Avant» de finir, je dois vous remercier de ce que votre lettre me mettra peut-être» à même de réparer un des maux de la guerre, et de protéger des hommes» aussi estimables que les savans de Vérone . «
Dans une autre lettre, il me promet de faire augmenter de 10000 francsle capital de la Société italienne de Vérone, et cela s’est effectué. Depuis,il a fait attacher Cagnoli à l’observatoire de Milan , a fait payer ses instru-mens, et l’a fait nommer député, et ensuite professeur à Modène .
Le général Bonaparte ne s’en est pas tenu là ; il a voulu donner à l’ob-servatoire de Milan une pendule meilleure que celles qui s’y trouvaient. On a
écrit