DE L’ASTRONOMIE.
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fondeur de canons, et il y plaça son mural de cinq pieds, pour pouvoir le——faire tourner de l’orient à l’occident , et vérifier par-là le mural de huit pieds lyppqui restait toujours à l’orient du gros mur.
C’est avec ces bons instrumens qu’il continua sur la lune de bonnes obser-vations. Il fallait tout le fcèle dont il était animé pour s’assujettir à se levertoutes les nuits à quelque heure qu’arrivât le passage de la lune au méridien,ou à l’attendre lorsqu’elle arrivait avant minuit. Il faut être astronome poursavoir ce qu’il y a à souffrir pour les jeunes gens, à qui le sommeil est unbesoin insurmontable, et même dans un âge plus avancé, où l’on est plussensible à la fatigue.
Ce fut aussi pour servir à la navigation qu’il engagea Pingré à calculerl’état du ciel dès 1754» qu’il entreprit d’accréditer en France l’usage deséchelles logarithmiques , plus exactes et plus commodes que le quartier deréduction dont on se sert dans la marine de France .
En 1766, il publia, avec des augmentations, l’Abrégé du pilotage, queCoubard avait donné en 1693 ; en 1771 , son Astronomie nautique lunaire,des tables du soleil , et des méthodes pour corriger celles de la lune, qu’ilavait données, en 1746, dans ses Institutions astronomiques. Dans la mêmeannée, Le Monnier donna un Essai sur les marées au mont Saint-Michel età Grandville, dans lequel il y a diverses considérations sur les réfractions etsur les problèmes de la sphère relatifs aux variations de l’aimant ; en 1 772 ,l’Exposition des moyens de résoudre plusieurs questions dans l’art de la navi-gation , avec la table des sinus verses, qui manquait à toutes les tables fran-çaises; en 1776, ses Lois du magnétisme, avec une carte des inclinaisons etdes déclinaisons , travail qui était le fruit d’une immense quantité d’observa-tions. Les Mémoires de l’Académie , de la même année, contiennent aussi desrecherches sur le même sujet.
Son zèle pour la marine ne se borna pas à la partie astronomique ; il donnaen 1779 une traduction du Traité suédois de la construction des vaisseauxpar Chapman, ouvrage si important et si estimé , que M. Vial du Clairboisen donna une autre traduction en 1781 , parce qu’ayant des officiers de lamarine suédoise à sa portée, il pouvait rendre sa traduction plus complète, et,comme constructeur, y ajouter des notes, qui ont été traduites en suédois .
Le Monnier est le premier qui ait fait des boussoles propres à bien détermi-ner la déclinaison de l’aiguille au moyen d’une lunette.
Les observations météorologiques l’occupèrent aussi ; il reconnut le pre-mier l’influence de.la lune sur l’atmosphère, et dans la seconde édition desTables de Halley , publiée en 1754» H publia des lettres intéressantes sur lesvents des équinoxes ; il fit même quelquefois à la cour des prédictions qui luifirent honneur. Louis XV l’aimait beaucoup, lui faisait un accueil distingué,et l’aurait comblé de bienfaits si son désintéressement lui eût permis de lesprovoquer. J’ai vu le roi sortir lui-même de son cabinet pour venir appe-ler Le Monnier ; et la première fois qu’il vit le médecin , son frère cadet,il lui souhaita le mérite et la réputation de l’astronome.
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