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” Sire,
“ Nous chercherions, en vain des termes pour peindre à V.M ,* a profonde indignation dont nous avons été pénétrés en ap-prenant la défection d’un chef, rebelle à son souverain, traître àson général, infidèle à l’honneur. Laissons cet être avili, livréau cri déchirant des remords et à la honte qu’imprimera surson nom le burin de l’histoire.
“ Nos cœurs se livrent à des pensées plus grandes, et sup-plient V. M. d’agréer les sentimens que leur dictent une noblefierté et l’amour que vous doivent vos peuples fidèles.
" Sire, votre bonne ville de Paris s’empressera de répondre ài appel qui vient d’être fait à tout l’empire. Sa jeunesse vavoler sous vos drapeaux et courir à de nouveaux triomphes.
“ L’ennemi du Continent se flatterait-il de nous çn imposerpar le succès de sa perfidie ? Croirait-il avoir abattu ce cou-rage, éteint ce besoin de gloire qui enflamme le cœur desFrançais î
“ Quoi ! tandis que sur tous les points de ce vaste empirenous voyons élever des monumens de triomphe, il penserait quenous consentirions à les renverser de nos propres mains, et qu’ilnaîtrait dans nos cœurs une seule pensée qui osât démentir cestrophés recueillis par votre génie sous tant de climats divers îQue ne se persuade-t-il qu’il va commander aux élémens et lesdiriger contre nous ?
“ Il s’abuse, il reconnoîtra ce caractère national qui fut tou-jours grand, mais auquel V. M. a su imprimer un nouveaudegré de force et d’énergie. Tout l’empire, à la voix de l’hon-neur, s’empressera de pousser un cri de guerre unanime, et sauraconquérir la paix après la victoire.
“ Sire, votre bonne ville de Parie s’estime heureuse de vousexprimer la première des sentimens que la France entière par-tagera dans quelques heures ; elle ferait trop peu si elle n’o-béissait qu’au devoir.
“ L'ennemi compte sur des pertes que l’inclémence des sai-sons a seule causées ; ces pertes vont être réparées par vosfidèles sujets. Votre bonne ville de Paris, jalouse de se mon-trer la première, vous supplie d’agréer l’offre de cinq centshommes de cavalerie, et l’assurance qu’aucun sacrifice ne luicoûtera pour soutenir l’honneur national. Que le monde recon-naisse que, sous votre gouvernement tutélaire, vos fidèles sujetsfieront plus qu'il ne leur est demandé ; que l’ennemi apprennee, i frémissant que rien ne nous fera descendre de celte hauteurfie gloire où votre génie nous a élevés, et où la postérité doitnous contempler un jour.
Puisse, Sire, cette marque de dévouement être agréée deVotre Majesté ; puisse votre cœur se réjouir en reconnaissant^ans vos fidèles sujets des sentimens dignes de Français , comme
votre gloire,”
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