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5 (1815) Pièces de l'année 1813, jusqu'au 12 avril, 1814 / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Moscou , où, en quatre jours, ils ont anéanti le fruit des tra-vaux et des épargnes de quatre générations, n’avait rien changé

à l’état prospère de mes affaires.Mais la rigueur excessive

et prématurée de l’hiver a fait peser sur mon armée une affreusecalamité. En peu de nuits j'ai vu tout changer. J’ai fait degrandes perles. Elles auraient brisé mon âme, si, dans cesgrandes circonstances, j'avais dû être accessible à d’autres sen-tiiiieus qu’à l’intérêt, à la gloire et à l’avenir de mes peuples.

“ A la vue des maux qui ont pesé sur nous, la joie de l’An-gleterre a été grande, ses espérances n’ont pas eu de bornes.Elle offrait 110s plus belles provinces pour récompense à la tra-hison. Elle mettait pour condition à la paix le déchirement dece bel empire: c’était, sous d’autres termes, proclamer la guerreperpétuelle.

“ L’énergie de mes peuples, dans ces grandes circonstances,leur attachement à l’intégrité de l’empire, l’amour qu’ils m’ontmontré, ont dissipé toutes ces chimères, et ramené nos ennemisà un sentiment plus juste des choses.

“ Les malheurs qu’a produits la rigueur des frimats ont faitressortir dans toute leur étendue la grandeur et la solidité decet empire, fondé sur les efforts et l’amour de cinquante mil-lions de citoyens, et sur les ressources territoriales des plusbelles contrées du monde.

“ C’est avec une vive satisfaction que nous avons vu nos peu-ples du royaume d’Italie, ceux de l’ancienne Hollande et desdépartemens réunis, rivaliser avec les anciens Français , etsentir qu’il n’y a pour eux d’espérance, d’avenir et de bien quedans la consolidation et le triomphe du grand empire.

“ Les agens de l’Angleterre propagent chez tous nos voisinsl’esprit de révolte contre les souverains. L’Angleterre voudraitvoir le Continent entier en proie à la guerre civile, et à toutesles fureurs de l'anarchie ! mais la Providence l’a elle-même dé-signée pour être la première victime de l’anarchie et de laguerre civile.

“ J’ai signé directement avec le Pape un concordat qui ter-mine tous les différends qui s’étaient malheureusement élevé»dans l’église. La dynastie française règne et régnera en Es-pagne . Je suis satisfait de la conduite de mes alliés. Je n’enabandonnerai aucun; je maintiendrai l’intégrité de leurs états.Les Russes rentreront dans leur affreux climat.

“ Je désire la paix : elle est nécessaire au monde. Quatrefois depuis la rupture qui a suivi le traité d’Amiens , je l’ai pro-posée dans des démarches solennelles. Je ne ferai jamais, qu’une paix honorable et conforme aux intérêts et à la grandeurde mon empire. Ma politique n’est point mystérieuse ; j'ai taitconnaître les sacrifices que je pouvais faire,

“ Tant que cette guerre maritime durera, mes peuples doiventse tenir prêts à toutes espèces de sacrifices ; car une mauvaise