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partance, appareillant tous les jours et dans une situation tellequ'acun ne sait, au moment où on lève l’ancre, si c'est pour u»exercice ou pour une expédition lointaine.
La conscription maritime produit tous les ans vingt millejeunes gens. L’inscription des pêcheurs produit aussi des res-sources importantes.
Enfin, au moment où la paix continentale aurait rendu dis-ponible la conscription de tout l’empire, nous pourrions, à vo-lonté, accroître la conscription maritime.
Les garnisons des vaisseaux étaient tirées de l’armée de terre.
Une partie du canonnage à bord se faisait par le corpsimpérial des canonniers de la marine.
L’administration de la marine a désiré que l’un ou l'autre deces corps fût rendu à l’armée de terre, et que le service fût faitpar des marins propres aux manœuvres hautes comme aux ma-nœuvres basses, qui pussent également monter au haut des mâts,faire la manœuvre du canou, et servir comme garnison de vais-seau. L’avantage de ce système était évident ; c’était doublernos gens de mer et nous mettre à même un jour, en envoyantdes hommes de garnison sur nos escadres avec quelques canon-niers, de doubler les équipages. Les circonstances actuelles oùnous avons à soutenir deux guerres continentales, ont fait ap-précier l'avantage d’avoir dans l’armée 40,000 vieux soldats,propres au service de terre comme au service de mer.
C’est leur changement de destination qui a rendu nécessairel’appel de la conscription maritime de 1814.
L’Angleterre peut avoir le nombre de vaisseaux et de troupesde terre qu’elle voudra; elle peut donner à son commerce ladirection qui lui convient ; mais nous prétendons rester dansles mêmes droits. Si elle prétend nous imposer la conditionsecrette de détruire nos escadres, de les réduire à 30 vaisseauxou de souscrire à des traités de commerce non conformes à nos.intérêts, une telle paix ne sera jamais signée par l’empereur, nidésirée par aucun Français .
Nous désirons la paix ; mais si nous ne pouvions l’avoir qu’àces conditions, il faudrait bien continuer la guerre, et chaqueannée de guerre nous accroîtrions nos forces navales, sans quela supériorité de l’enuemi pût nous en empêcher.
L’année de terre se compose de la garde impériale, qui com-prend 20 régimens d’infanterie et 44 escadrons ; de 152 régi-mens de ligne et de 37 d'infanterie légère, faisant 189 régimensd'infanterie ou 945 bataillons français ; de 15 régimens d’artil-lerie, de 30 bataillons du train ; de 90 régimens de cavalerie, àhuit compagnies chacun ; indépendamment de quatre régimen»suisses, de six régimens étrangers, et de plusieurs bataillon*coloniaux.
Je ne vous parlerai point, Messieurs, d’événemens militaire»ni politiques ; je ne pourrais rien ajouter à ce qui est à votre