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«Bcore l’honneur du nom français dont vous êtes si jaloux, etcette reconnaissance que vous devez à votre auguste souverain,dont le premier soin, à son avènement, fut de cicatriser vosplaies et de relever vos édifices. Vous fûtes toujours, vous les avez, l’objet de sa sollicitude particulière. Vous lui devezdonc, vous devez à la France qui vous contemple, de repousserloin de vos murs l'ennemi dont la présence seule est une in-sulte, paralyse votre industrie, et vous jette dans un état d’in-certitude et d’alarme que votre honneur et votre intérêt vouscommandent de faire cesser. Aux armes donc, braves Lyonnais,•'alliez-vous autour de moi; marchons en avant, et ne laissons àl’armée qui accourt pour vous défendre, que le soin de pour-suivre jusqu’aux frontières l’ennemi que vous aurez déjà mis enfuite.
« Au quartier-général, à Lyon , le 22 Janvier, 1814.”
Augereau, duc de Castiglione.
Un ordre du jour de M. le maréchal Augereau, duc de Cas-tiglione, défend toutes réquisitions en nature ou en argent, àmoins qu’elles ne soient faites par l’ordonnateur de l’armée deLyon , et par l’intermédiaire des autorités civiles.
MM. les maires des communes qui obtempéreront à des ré-quisitions illégales, perdront la valeur des objets fournis,
Saint-Dizier , le 28 Janvier, 1814.
L’ennemi était ici depuis deux jours, y commettant les plusaffreuses vexations. Il ne respectait ni l’àge, ni le sexe. Lesfemmes et les vieillards étaient en butte à ses violences et à sesoutrages. La femme du sieur Ganard, riche fermier, âgée decinquante ans, est morte des mauvais traitemens qu’elle a éprou-v és ; son mari, plus que septuagénaire, est à la mort. Il seraittrop douloureux de rapporter ici la liste des autres victimes.L’arrivée des troupes françaises entrées hier dans notre ville,a mis un terme à nos malheurs. L’ennemi, ayant voulu opposerquelque résistance, a été bientôt mis en déroute, avec une perteconsidérable. L’entrée de S. M. l’empereur a donné lieu auxs cènes les plus touchantes. Toute la population se pressaitautour de lui ; tous les maux paraissaient oubliés, Il nous ren-dait la sécurité pour tout ce que nous avons de plus cher. Unv ieux colonel, M. Bouland, âgé de soixante-dix ans, s’est jetéà ses pieds, qu’il baignait de larmes de joie. Il exprimait tout-à-ia-fois la douleur qu’un brave soldat avait ressentie en voyantJ cs ennemis souiller le sol natal, et le bonheur de les voir fuirdevant les aigles impériales.
( Nous apprenons que le même enthousiasme qui a éclaté icis’est manifesté à Bar , à l’arrivée de nos troupes. L’ennemi avaitdéjà pris la fuite,