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HISTOIRE DE DIX ANS.
On a vu dans le premier volume de cette histoire com-bien la politique du ministère Polignac. était favorableaux vues de la Russie sur Constantinople .
La Prusse était trop éloignée du Bosphore pour ne passe croire désintéressée dans la question. Sans compterqu’elle avait alors des sujets plus pressants de préoccu-pation; car les provinces rhénanes repoussaient la substi-tution du code prussien au code français , avec une énergieque le voisinage de la France rendait très-alarmante poul-ie Cabinet de Berlin . On peut juger de la situation moralede ce Cabinet par le cri que le roi de Prusse laissa échap-per à la nouvelle des événements de Paris : « Si les Fran-« çais ne vont que jusqu’au Rhin , je ne bouge pas. »
Quant à l'Autriche , elle aurait dû suivre avec anxiétéles accroissements de la Russie , qui la menaçait, et surles bords du Danube , et sur l’Adriatique . Mais gouvernéeparM. de Metternich , homme d'Élat sans initiative et sansportée, elle ne se préoccupait alors que des dangers quefaisaient courir à sa suprématie l’ambition de la Prusseen Allemagne et l’esprit révolutionnaire en Italie .
L’Angleterre elle-même, ordinairement si habile, siattentive aux mouvements généraux de l'Europe , l’An-gleterre semblait avoir oublié ces paroles de lord Cha-tam : « Avec un homme qui ne voit pas les intérêts de« l’Angleterre dans la conservation de l’empire ottoman ,« je n’ai pas à discuter. » Et, en effet, l'influence del’Angleterre dans la Méditerranée, considérablement af-faiblie ; l’importance de ses possessions du Levant dé-truite; ses projets de communication avec l'Inde par laTurquie anéantis à jamais; la perte, à peu près inévi-table, d'un débouché ouvert à l’exportation annuelle de