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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

à la tyrannie et protège la liberté ; qu’enfin elle allaitcontre son but, parce que le danger enflamme l'ambition,ennoblit jusqu’aux désirs illégitimes, et fait, chez unpeuple généreux, du titre de proscrit un passeport de pré-tendant.

Convenait-il, d’ailleurs, de déployer tant d’acharnementcontre une dynastie vaincue , dans un pays qu’on voulaitfaçonner au joug d'une dynastie nouvelle? C’est ce que,dans la séance du 15 novembre , M. Pagès (de l’Arriège)lit ressortir d’une manière saisissante. « La France, di-« sent les courtisans, est renommée entre les nations« par son amour pour ses princes. L’histoire tient un« autre langage, et la vérité dément la flatterie. C’est« par l’assassinat du dernier Valois que le premier Bour-« bon monte sur le trône. Henri IV meurt cruellement« assassiné. Durant leur minorité, Louis XIlIetLouisXlV,« chassés par la révolte, trouvent à peine un abri pour« cacher leur tête : le fer se fait jour jusqu'à la poitrine« de LouisXV. Louis XVI meurt sur l’échafaud. Louis XVII « s’éteint dans les fers. Il y a du sang bourbon dans les« fossés de Vincennes , il y en a sur le seuil de l’Opéra.k Louis XVIII est proscrit à deux reprises. Charles Xak pris trois fois la route de l'exil. Et ce n’est pas dans« un pays qui a vu de si près toutes les misères de la« royauté, qu’il est permis , sous un gouvernement mo-« narchique , d’ajouter à ce faste d'oppression , et d'ihs-« crire dans les actes du législateur une tyrannie qui ne« se trouva point dans la colère du peuple. »

Au discours de M. Pagès (de l’Arriège), rempli d’unbout à l’autre de considérations de ce genre, saines etélevées, M. Eusèbe Salverte r.c sut opposer qu'une logi-