CHAPITRE II.
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une proclamation qui avait été imprimée pendant la nuit.Cette proclamation n’eut d’autre effet que d’échauffer da-vantage les esprits : elle fut déchirée partout avec insulte.Le tocsin de Saint-Paul sonna comme aux jours desgrands désastres , la générale battit dans tous les quar-tiers, et l’insurrection recommença.
Le 40 e de ligne était arrivé de Trévoux à deux heuresde la nuit. On en détacha quelques soldats, qui, réunis àdeux compagnies du 13 e , furent chargés démonter la côtedes Carmélites et de s’emparer du plateau de la Croix-Rousse. Mais les ouvriers de la rue Tholosan et des ruesadjacentes se portèrent avec fureur à la rencontre de cedétachement et le forcèrent à mettre bas les armes. Lesvoies qui conduisent de la Croix-Rousse à Lyon se trou-vaient ainsi parfaitement libres ■ l’immense populationdes ouvriers en soie se précipite sur la ville et l'inonde detous les côtés , se répandant sur les quais, sur les places,dans les rues, partout, et y portant les passions dont elleétait animée. Mais déjà le bruit des cloches d’alarme , leretentissement du canon, l’odeur de la poudre, cette vuedu sang, toujours si contagieuse, avaient propagé en touslieux l’esprit de révolte. Tout autour de Lyon , livré àd’irrésistibles ardeurs, on vit se soulever presqu’au mêmeinstant les quartiers des Rroteaux, de la Guillotière et deSaint-Just. Le comte Roguet, voulant empêcher la popu-lation ouvrière des Rroteaux de fondre sur Lyon par lepont Morand et le pont Lafayette, fit établir une batteriesur le pont Saint-Clair. Et, pendant que les boulets, pas-sant par-dessus le Rhône , ravageaient ce malheureuxquartier, des fabricants postés à toutes les fenêtres desmaisons qui bordent le quai du Rhône dirigeaient de là