CHAPITRE III.
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d’étouffer l'intelligence des fils du pauvre et de dépraverleur cœur, mais encore de tarir ou d’empoisonner en euxles sources delà vie. Et le moment approchait où M. CharlesDupin viendrait faire à la tribune de la Chambre des pairs cette déclaration solennelle : « Sur 10,000 jeunes gens« appelés au service de la guerre, les dix départements« les plus manufacturiers de France en présentent 8,980« infirmes ou difformes, tandis que les départements« agricoles n'en présentent que 4,029. » 11 est inutiled’ajouter que , dans une société où une oppression sem-blable était possible, la charité n’était qu’un mot et la re-ligion qu’un souvenir.
Et le mal était dans le Pouvoir aussi bien que dans lasociété. La royauté , autorité héréditaire que menaçaitsans cesse une autorité élective, s’absorbait forcément ettout entière dans le soin de sa défense. La Chambre despairs , soumise à la nomination royale , ne comptait plusdans le mécanisme constitutionnel que comme superfé-tation ou comme embarras. La Chambre des députés étaitcondamnée à vivre sans initiative : d’abord , parce quereprésentant une seule classe, la classe dominante, elle nepouvait avoir le désir de réformer les abus dont elle-même profitait ; ensuite, parce que, composée en partiede fonctionnaires, elle se traînait sous la dépendance desministres, auxquels une distribution corruptrice des em-plois asservissait la majorité.
Ainsi, et pour résumer la situation sous ses trois aspectsprincipaux : dans l’ordre social, la concurrence ; dansl’ordre moral, le scepticisme; dans l'ordre politique, l’a-narchie, tels étaient les traits caractéristiques du règne dea bourgeoisie en France