CHAPITRE III.
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àme prête à s’envoler : « le fruit est mûr; vous le cueil-li lerez. »
Saint-Simon avait eu M. Augustin-Thierry pour secré-taire, etM. Auguste Comte pour disciple ; mais l’héritierde sa doctrine fut M. Olinde Rodrigues . Unjournal intituléle Producteur , qui parut peu de temps après la mort deSaint-Simon, en 1825, et dont la direction fut confiée àM. Cerclet, devint le centre autour duquel M. OlindeRodrigues rassembla, pour les initier à la doctrine de sonmaître, les hommes qui pouvaient la prêcher avec le plusde talent et de succès. Le Producteur , cependant, ne futpas un journal saint-simonien. Rédigé par MM. OlindeRodrigues , Enfantin , Bazard, Bûchez, Auguste Comte ,Armand Carrel , écrivains d'un grand mérite, mais quin’obéissaient pas tous à une foi commune, il n’eut d’autreeffet que d’étonner et de troubler le libéralisme par lanouveauté de certains aperçus et l’imprévu des solutionsqu’il trouva aux problèmes que présentait alors l'industrie.
Quoi qu’il en soit, la doctrine s’élaborait entre MM. OlindeRodrigues , Enfantin et Bazard. Ils attirèrent à eux desélèves de l’école polytechnique , des littérateurs distingués,des orateurs, des artistes; et bientôt une école se forma.Au moment où la révolution de juillet éclata, l’école saint-simonienne était constituée; elle reconnaissait pour chefsMM. Enfantin et Bazard , auxquels M. Olinde Rodrigues avait noblement cédé la suprématie. Voici quel fut le dé-veloppement donné par les disciples aux idées du maître.
Acceptant la division de l'humanité en artistes, en sa-vants et en industriels , les saints-simoniens s’attachèrentd’abord à vérifier par la méthode historique la loi du pro-grès, qui faisait l'objet de leurs croyances,m.
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