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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

de la sorte un sacerdoce dont le but serait d'établir l'har-monie entre Vesprit et la matière, placés depuis si long-temps en état d’hostilité; que le Prêtre devait se proposerd’inspirer et de diriger les deux natures, en favorisant eten régularisant l’essor des appétits sensuels aussi bien quecelui des appétits intellectuels ; qu’il importait au bonheurde l’humanité que les êtres à affections profondes ne fus-sent pas séparés par une barrière infranchissable des êtresà affections vives, et que c’était à faire tomber cette bar-rière que la mission du Prêtre devait consister. Concluantde l’harmonie à établir entre l’esprit et la matière à l’éga-lité de l’esprit et de la beauté, de l’homme et de la femme,Enfantin proclamait comme une nécessité religieuse l'af-franchissement de la femme et sa participation au pouvoirsuprême, ce qui aurait constitué le couple Prêtre.

Le couple Prêtre aurait eu pour mission « d’imposer« la puissance de son amour aux êtres qu’un esprit aven-it tureux ou que des sens brûlants égarent, en recevant« d’eux l’hommage d’une mystérieuse et pudique ten-« dresse ouïe culte d’un ardent amour. Connaissant tout« le charme de la pudeur, et aussi toute la grâce de la« volupté, il aurait maîtrisé l’esprit des uns et les sens des« autres. » — «Dans notre monde critique, ajoutait« Enfantin, nous avons oublié cette divine influence de la« dame du moyen-âge ou de la vierge chrétienne sur la« vie du page et du chevalier ; nous ne savons plus ce que« pouvaient commander de dévoûment sans espoir, une« écharpe, un regard, et à peine un sourire; mais nous« ignorons surtout la puissance d’une vertueuse caresse,« d’un religieux baiser, d’une sainte volupté. Il n’en est« point pour nous. Notre chair est plus souillée encore