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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

et il fat amené à en faire le plus dangereux moyen decorruption qu’ait jamais rêvé l'imagination des volup-tueux.

Quant à la limite qu’il serait convenable de poser àl’influence du prêtre et de la prêtresse sur les fidèles, En-fantin avouait son incompétence, la loi morale ne pouvantêtre trouvée, selon lui. par l’homme seul, et ne devantêtre formulée avec autorité que lorsque la femme auraitparlé.

Cette conception extravagante appartenait tout entièreà Enfantin et n’appartenait qu’à lui. Saint-Simon n'avaitjamais rien proposé de semblable. Les seuls mots qu’il eûtécrits au sujet des femmes étaient ceux qu’on lit dans lesLettres d’un habitant de Genève à ses contemporains .-« Les femmes seront admises à souscrire, elles pourront« être nommées. » Le disciple était donc beaucoup plusnovateur que le maître; car la doctrine du disciple sou-mettait le mariage à l’exercice d’un droit sacerdotal quiaurait enlevé aux enfants la connaissance de leur père.C’était le sensualisme employé comme moyen de gou-vernement ; c’était la réhabilitation de l’amant par leconfesseur.

Devant cet enchaînement d’étranges déductions, Bazardrecula, frappé d’effroi. Il tenait aux traditions relatives àla constitution de la famille. Il avait une femme qu’ilaimait tendrement, et, ayant eu occasion de marier unede ses filles, il avait voulu, sans tenir compte des repro-ches d’Enfantin, que le mariage se fît dans les formes or-dinaires. 11 résista donc,et long-temps, à des provocationsdont toute son âme était troublée. Mais, avec cette séré-nité qui ne l’abandonna jamais, Enfantin poursuivait la réa-