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Tome troisième.
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CHAPITRE III.

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lisationde son dessein.Non content d’enlacer Bazarddesessophismes dans des discussions que la plupart des saint-simoniens ignoraient, il s’étudia longuement à s’attacherdes disciples fidèles. Sa figure radieuse, ses manières no-bles , la connaissance qu’il avait du langage qu’il fautparler aux êtres sensibles et passionnés, tout cela l’entou-rait d’un véritable prestige. Avec un étonnant mélange debonne foi et de ruse, il ruina insensiblement dans l’espritde quelques-uns les croyances qu’il s’était promis de dé-raciner. Pour mieux leur prouver de quelles illusions ilsétaient victimes, il sut par le seul effet de son ascendantpénétrer dans le secret des ménages; il engagea desfemmes à une confession publique, et se fit faire des con-fidences redoutables, dont il usa de façon à prouver lemérite de ses théories, prêt à se justifier du choix desmoyens par la sincérité du but.

Alors il se passa dans la rue Monsigny, au milieu decette société française devenue si sceptique et si railleuse,des scènes tellement extraordinaires, que, pour en trou-ver de semblables, il faudrait interroger l’histoire desAnabaptistes . Ceux qui, dans le Collège, repoussaient lesdoctrines d’Enfantin, se sentaient transportés tout-à-coupaü bord d’un abîme immense, qu’ils n’avaient pas soup-çonné; ils se demandaient avec terreur si leur vie jusque-là n’avait été qu’un rêve; ils éprouvaient une douleursans nom en se trouvant, pour jamaispeut-être, séparésdecelui que, dans les élans d’une tendresse infinie, ils avaientsi long-temps appelé leur père. Pour les autres, c’était unredoublement de ferveur inexprimable, une exaltation quiallait jusqu’au délire. Souvent, dans une salle dont lesportes avaient été closes soigneusement et dont les murs