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HISTOIRE DE DIX ANS*
d'Enfantin n'a été un acte individuel, un acte d’égoïsme,et que les défauts dont avaient souffert les saint-simonienstenaient précisément à ce qu’il n’y avait pas encore parmieux cette loi de convenance, de pudeur, de fidélité, quela femme était plus particulièrement propre à apporter.« Je vous déclare, dit M. Talabot, en montrant Enfantin,« que cet homme est le chef de l'humanité. » Et, s’adres-sant à M. Transon, M. Barrault s’écrie d’une voix émue :« Ce n’est pas sans une vive douleur que j’ai vu Transon,« le porte-bannière de la doctrine, à côté duquel j’ai« marché, se séparer de nous. Non, Transon, ta place est« auprès du Père-Enfantin , auprès de moi. Tu ne saurais«. nous quitter, car tu es religieux.Tu nesuivraspas Jules,« car Jules a dit que la doctrine est à l’état de faillite, de« liquidation. Tn voudrais nous quitter! Non, tu ne le« pourrais pas : tu aimes les ouvriers, les enfants des« pauvres, ceux qui souffrent. »
Au milieu de ces débats, Enfantin n’avait pas cessé unseul instant de se montrer maître de lui, répondant àtoutes les accusations avec beaucoup de sang-froid etd’orgueil : il congédia, enfin, l’assemblée par ces motsqu'il prononça d’une manière solennelle : « Quoique ce« qui se passe maintenant soit pour tous d’une grande« utilité, je désire qu'on en finisse au plus tôt. Nous re-« commencerons lundi, mais si nous continuions^ batail-le 1er ainsi, les ouvriers mourraient de faim, et les enfants« que nous avons adoptés seraient délaissés. Le fait évi-te dent, c’est qu'il y a des hommes qui doivent momen-« tanément se tenir à l’écart et se reposer. »
Quelques jours après, la famille se réunissait de nou-veau. L’insurrection de Lyon avait éclaté dans l’intervalle.