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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

nier-Pagès eût été difficile à remplacer. Car il servait avecgrâce un parti représenté comme farouche. 11 se montraitennemi de toute violence à des esprits pour qui l'idée dela république était inséparable de celle de l’échafaud, etil confondait par sa science des affaires ces prétendushommes pratiques qui affectent de regarder comme depures utopies tout ce qui s’élève au-dessus du niveau deleur intelligence.

Ainsi, l’opinion républicaine avait acquis une puissanceréelle. Dans le Parlement, il fallait désormais compter avecelle; dans la presse, elle était représentée avec éclat, nonplus seulement par la Tribune, la Révolution et le Mouve-ment, mais encore par le National. Enfin, elle avait dansM. de Cormenin, brillant émule du fameux Paul-LouisCourier , un auxiliaire qui faisait trembler la Cour.

D’autre part, la royauté perdait chaque jour du pres-tige qu’elle devait à son origine plébéienne. Lorsqu’unhomme est trop haut placé au-dessus des autres hommes,la tète lui tourne : c’est là le vice fondamental de laroyauté; et s’il arrive à un roi de ne pas chanceler sousle poids de sa fortune, ce qu’il conserverait par sa modé-ration, ses courtisans le compromettent par la téméritéde leur bassesse. Au moment même où retentissait à Paris le cri de douleur poussé à Lyon par quarante mille ou-vriers affamés, la Cour ne songeait qu’à gorger la royautéde richesses.

Le roi lui-même, soit qu’il eût cédé en cela aux con-seils trompeurs d'un entourage avide de ses largesses, soitqu’il eût appris depuis un an ce que coûtent les frais dereprésentation d'une monarchie, le roi lui-même semblaitprêt à faire aux exigences de sa nouvelle position le sacri-