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Tome troisième.
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CHAPITRE IV.

14 I

jugés nécessaires à un roi dont la santé, grâce au ciel,était excellente ; Louis XVIII , goutteux et cassé, se soignaità moins, 4 millions 268,000 fr. paraissaient une sommequelque peu exagérée, dès qu’on l’airectait aux menus-plaisirs d’un roi qui n’était pas sans se piquer de philo-sophie. On s’expliquait malaisément l'importance des troiscents chevaux à mille écus par tête, qui figuraient dansle compte; pourquoi traiter chacun de ces chevaux commeun conseiller de cour rojale et deux fois mieux qu'unmembre de l'institut ? 200,000 fr. de livrée! on trouvaitque c'était beaucoup pour des galons ; car enfin, il étaitpossible avec cette somme de rétribuer pour leurs fonc-tions annuelles cent procureurs du roi, ou d'augmenterd'un cinquième la subvention accordée à l’instruction pri-maire, ou de défrayer, à huit sous par jour, treize centquatre-vingts pauvres prisonniers. Quoi ! s'écriait le Globesaint-simonien dans un article à la fois spirituel et sensé,« quoi ! on affecte au service personnel du roi 3 millions« 773,500 fr. ; et ce roi, chef d'une nation devenue in-« dustrielle, d'une bourgeoisie pacifique, n'est entouré« que d'hommes ceignant l’épée et chaussant l'éperon ! »Mais ce fut M. de Cormenin qui porta au projet de loiles coups les plus sensibles. Dans une série de lettrespleines de logique, de raison, d’éloquence, de fine ironie,il rappela que quand le béros d'Italie , le conquérant fabu-leux de l’Egypte, le pacificateur de la Vendée , vint siégersur le trône consulaire, les trois consuls ne coûtaient à laFrance , frais de table et de maison réunis, qu’un millioncinquante mille francs, et qu’on ne demandait pas alorsau peuple français , terreur dePitt et admiration du monde,

1 million 200,000 fr., seulement pour échauffer les four-