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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

neaux souterrains de la Bouche. Il prouva que la liste ci-vile deCharlesX, de Charles X lui-même, n’allait pas au-delàde 11 millions 210,865 fr., pour peu qu’on en retranchâtles dettes et avances remboursables, les frais de la maisonmilitaire, et tous les services que la révolution de juillet avaitannulés, tels que ceux de grand écuyer, de grand veneur,de pages, de grand maître de cérémonies, etc.... Il mon-tra que pour la royauté le meilleur moyen de se faire res-pecter était de se rendre utile; que recommander la listecivile comme une caisse de prévoyance ouverte aux mal-heureux était un sophisme misérable, attendu que c’est lepeuple, le menu peuple, qui paie la liste civile, et qu'ilest dérisoire de prendre aux pauvres leur argent pourleur faire du bien ; que le prince, irresponsable, ne sauraitêtre un distributeur plus intelligent des deniers publicsque des ministres dont la responsabilité garantit lagestion ; qu’une grosse liste civile n’était bonne qu’à en-tretenir la paresse des mendiants brodés qui pullulent au-tour des trônes ; que ce qui enrichit une nation n’est pasce qu’on lui ôte, mais ce qu’on lui laisse ; qu’il était ab-surde de voir dans l’opulence exagérée du roi une ressourcepour le commerce, comme si on créait la richesse en ladéplaçant, et comme s’il était juste de chercher toute lanation dans les marchands de la rue Saint-Denis, au lieude la chercher dans les contribuables réunis : paysans dela Basse-Bretagne, pâtres des Alpes, herbagers de la Nor-mandie, laboureurs du Languedoc, ouvriers de Lyon , deBordeaux et de Marseille ; que les arts, enfin, vivent moinsdes encouragements fastueux d’un prince qui en les pro-tégeant les abaisse, que des hautes inspirations de la reli-gion de la gloire et de la liberté.