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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

raineté nationale. Rien n'était plus propre à faire appré-cier exactement les dispositions d'une grande partie de luclasse dominante à l’égard de la royauté. La Chambre,cependant, finit par accorder à la couronne tout ce qu’ondemandait pour elle : dotation immobilière, dotation mo-bilière, domaine privé ; elle déclara même acquises à laliste civile les sommes que le roi avait touchées jusqu'a-lors, et qui lui avaient été payées sur le pied de 18 mil-lions ; un douaire fut attribué à la reine, en cas de décèsde son époux ; et la dotation annuelle de l'héritier pré-somptif fut fixée à un million.

Le triomphe semblait éclatant pour la Cour. Mais lesdébats qui avaient eu lieu dans la presse, les redoutableslettres de.M. deCormenin, les longues discussions dont laChambre avait retenti, le blâme sévère dont un ancien mi-nistre, M. Dupont (del'Eure ), avait publiquement-frappédes prétentions qu’il jugeait scandaleuses, le mécontente-ment manifesté par une grande partie de la bourgeoisie,et 107 boules noires trouvées dans l'urnedu scrutin, toutcela laissait la Cour sous le coup d'une véritable défaite.Ceux qui adoptaient le principe monarchique avaient tortde refuser au monarque une existence fastueuse. Qui veutun roi, doit savoir le subir.

D'autres affronts attendaient le principe monarchique.Tandis qu'on discutait injurieusement, à la Chambre et.dans la presse, les demandes pécuniaires de la Cour, lenom du monarque, par une triste coïncidence, retentissaitdevant les tribunaux, associé au nom de la baronne deFeuchères. La famille de Rohan avait attaqué la validité dutestament qui nommait le duc d’Aumale légataire universeldu dernier des Condé, et tous les esprits étaient attentifs