HISTOIRE DE DIX ANS.
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de M" Dupin jeune, faisant considérer le procès commeune trame ourdie par les légitimistes, comme une ruse dela haine envenimée des partis, en un mot comme un essaide vengeance dont tous les partisans de la révolution de1830 devaient faire justice. L’intérêt des légitimistes dansle procès était manifeste; mais, pour combattre des faitsconfirmés par une masse imposante de témoignages, ilfallait autre chose qu'un appel véhément aux souvenirsdu mois de juillet. Les Rohan perdirent leur procès devantles juges, et, à tort ou à raison, ils le gagnèrent devantl'opinion publique.
Une circonstance imprévue vint ajouter à l’ardeur desimpressions diverses produites par ces débats. M° Dupinjeune, dans sa plaidoirie, avait rappelé avec éloges lajeunesse de Louis-Philippe . Lejournal La Tribune répon-dit par un article amer, où l'on rappelait la vie de Louis-Philippe d’Orléans, sa proclamation de Tarragone , lecommandement en chef de l'armée de Catalogne que luiavait donné la junte gouvernementale de Cadix , et leretrait de ce commandement sur les instances du duc deWellington.
M. Germain Sarrut , qui avait eu l’audace de signer cetarticle, fut mandé devant le juge d'instruction, M. Tho-mas. Or, à peine M.. Sarrut était-il entré dans le cabinetdu juge, que des gardes municipaux furent appelés pour sesaisir de sa personne. « Je change votre mandat de com-« parution en un mandat de dépôt, » dit le juge d'ins-truction à M. Sarrut.
L'écrivain arrêté en appela aussitôt à l'opinion publi-que. Mais le gouvernement voyait dans la presse une puis-sance ennemie dont il fallait à tout prix avoir raison : il