CHAPITRE IV.
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frappa sur elle à coups redoublés. Des saisies presquesimultanées atteignirent la plupart des feuilles publiques.La Tribune haletait sous le poids des procès sans cesserenaissants qui lui étaient intentés : désespérant de ladompter, le ministère jura de la détruire. Le spirituelgérant de la Caricature, M. Philippon, et l’auteur de lapoétique Némésis, M. Barthélemy, furent poursuivis éga-lement, sans qu'on put parvenir à briser le crayon de l’unet la plume de l’autre. Traînée devant les tribunaux, laSociété des Amis du Peuple fût condamnée à l'amende età la prison dans la personne de MM. Raspail, Bonnias,Gervais, Thouret et Blanqui, mais après des scènes d'au-dience où avaient éclaté le dédain des accusés pour lesjuges et leur ferme résolution de ne jamais fléchir. Lahaine ainsi se montrait partout, avide de bruit et d'ac-tion, persévérante, infatigable.
Casimir Périer s’irritait de tant de résistance et s'enétonnait. Car il n’avaitchoisi ou accepté pour instrumentsque des hommes dont les passions étaient les siennes etdont il avait fait des serviteurs frémissants de sa poli-tique. M. Persil, magistrat bilieux et plein d’un couragefarouche, était à la tète du parquet. MM. Vivien et Saul-nier, écartés successivement de la préfecture de police,avaient fait place à M. Gisquet, que Casimir Périer faisaittrembler en l’employant et qu'il traitait comme un hommedont la personne lui aurait appartenu tout entière. Pourtout dire, l'autorité, véritablement assiégée, avait étéfortifiée comme une place de guerre, et l'administrationn’était plus en quelque sorte qu'une armée en campagne.
Les torts, il faut le dire, ne furent pas toujours du côtédu Pouvoi”. Souvent, les partis attaquèrent avec déloyauté