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HISTOIRE DE DIX ASS.
des actes utiles, nécessaires même; souvent la magistra-ture fut insultée sans motif par des hommes qui prenaientde la turbulence pour du courage, et une hardiesse tri-viale pour de la dignité. La guerre était dans l’Etat, ettoutes les armes paraissaient bonnes à la haine.
Malgré cela, nul doute que Casimir Périer , ferme etrésolu comme il l’était, n'eût fini par assurer à la domi-nation bourgeoise une existence tranquille, si l'étendue deses idées avait répondu à l’énergie de ses passions. Mais,incapable de concevoir de grands desseins, d’éblouir lesesprits par de grands résultats, il rendait le Pouvoir vio-lent sans le rendre fort, il tenait les partis en haleine sansles contraindre au respect, et voulant tout réduire ausilence, il troublait tout. Sa politique ne pouvant être nicruelle, à cause des mœurs, ni absolue, à cause des lois,elle paraissait d’autant plus mesquine qu’elle se montraitplus arrogante. C’est un Pouvoir malhabile que celui quiaffiche des prétentions plus étendues que ses ressources.Ce fut, sous Casimir Périer , le tort du gouvernement. 11 enrésulta que l'audace des partis ne fit que s’accroître, etbientôt la légalité ne suffisant plus pour les contenir, ilfallut recourir, soit à des actes arbitraires, soit à des expé-dients peu honorables. Déjà au dernier anniversaire de laprise de la Bastille, on avait vu des jeunes gens qui vou-laient planter un arbre de la Liberté, tomber sous le gour-din d'ouvriers qu'un obscur agent de la police avait enré-gimentés en bandes d'assommeurs, en leur promettanttrois francs par jour. Ce guet-apens avait été dénoncé àla tribune par MM. Mauguin et Odilon Barrot, et M. Casi-mir Périer avait repoussé avec beaucoup de hauteur lereproche d'avoir commandé de tels excès. Mais si le gou-