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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

nourrissait au sein de son exil. Pour frayer au fils de cetteprincesse une route au trône, c’eût été trop peu, sansdoute, d'une prise d'armes dans la Vendée , et d’un sou-lèvement dans lesprovinces du Midi. 11 importait que Paris s'armât pour la querelle des Bourbons aînés. Quelquessecours distribués au nom de la duchesse de Berri à desouvriers malheureux et à d’anciens serviteurs de laroyauté proscrite en juillet, fournirent l’idée d’une cons-piration, en montrant ce qu’il était permis d’attendredelareconnaissance du peuple et de sa misère, l’n médecin,homme de tète et de résolution, prit l’initiative. Sa pro-fession le mettait en rapport avec un grand nombred’hommes que la révolution de 1830 avait ruinés outrompés : il essaya sur eux la domination des bienfaits, etquand il vit tout ce que recèle en ses flancs de désordrespossibles, de révoltes en germe, une société souffrante etsans foi, il s'ouvrit à quelques amis. Un plan fut arrêté.Douze chefs furent désignés par les douze arrondisse-ments de Paris . Chaque chef dut transmettre l’impulsionpartie du centre à quatre lieutenants commandant cha-cun une brigade de dix hommes, et tout membre d’une bri-gade fut destiné à l’enrôlement de conspirateurs secon-daires, qu’on devait employer au triomphe de desseinsignorés de la plupart d’entre eux. Le pouvoir du parti lé-gitimiste étant dans son opulence, l’argent devint le nerfde cette conspiration. Une caisse se forma du produit dediverses souscriptions et de sommes assez considérablesapportées d’Italie par un agent de la duchesse de Berri,lequel était attaché à la maison du maréchal Bourmont.Alors commença la mise en œuvre d’un vaste systèmed’embauchage. L’argent, toutefois, servait moins à sala-