HISTOIRE DE DIX ANS.
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communales et provinciales ; qu’une junte centrale fûtchargée de la révision de toutes les branches administra-tives; qu’on admît les laïques à toutes les charges del'État; qu’un conseil d’État fût institué et qu’on eiït soinde le composer des citoyens les plus notables : tellesétaient les mesures conseillées au pape dans la note pré-sentée par les ambassadeurs de France , d’Angleterre,d’Autriche, de Prusse et de Russie .
Grégoire XVI répondit à cette note par un édit où ilse bornait à déclarer que désormais la nomination desconseils appartiendrait au chef de chaque province ;qu’aucune proposition ne pourrait être mise en délibéra-tion dans le conseil sans avoir été préalablement soumiseà l’autorité supérieure, et qu’il dépendrait toujours dudélégué de la province d’approuver ou non le procès-ver-bal des séances. Le même édit portait que les séculiersseraient ‘exclus du gouvernement des légations, et quechaque province pourrait être déclarée légation. Ainsi,Grégoire XVI repoussait et le principe de l’élection popu-laire, et l’institution d’un conseil d'État, et la participa-tion des laïques à la gestion des affaires. C’était éluder,sur tous les points, les conclusions du mémorandum desPuissances.
Le mécontentement de la population fut d’autant plusvif qu’elle s’était abandonnée à l’espérance. Pans la Ro-magne, l’indignation se montra si menaçante, que lesprolégats n’osèrent pas publier l’édit dans leurs provinces.Mais ce qui mit le comble à l’exaspération des esprits, cefut, d’une part, l’accroissement des impôts ; de l’autre, lapublication de cinq règlements, qui, sous prétexte d’amé-liorer la procédure civile et criminelle, consacraient, entre