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HISTOIRE DE DIX ANS.
troupes pontificales, qui s'étaient portées à Piimini, s’é-branlèrent ; de leur côté, les gardes civiques étaient enmarche : la rencontre eut lieu dans la plaine de Césène.De moitié inférieurs en nombre, dépourvus de cavalerie,et n’ayant que trois pièces de campagne, les Romagnolssoutinrent le combat avec vigueur, mais la partie étaittrop inégale : après une résistance opiniâtre, ils durentcéder le terrain; et dans l’espoir d’amener l’ennemi àdisséminer ses forces, ils évacuèrentsuccessivementCésèneet Forli . Alors se passèrent, dans le berceau de la chrétientéet au nom du chef miséricordieux des fidèles, des scènesdignes de la barbarie des anciens âges. Les papalins seprécipitèrent sur Césène comme des forcenés, saccagèrentle faubourg, envahirent un couvent où ils commirent deshorreurs. Ayant pénétré dans l’église de Saint-Étienne-du-Mont, ils profanèrent les vases sacrés, foulèrent auxpieds les saintes hosties, poursuivirent jusque dans unsouterrain de l’église un malheureux qui fut égorgé tenantun crucifix dans ses bras. De là, se répandant sur la ville,ils se firent un jeu du pillage et du meurtre, ne justifiantque trop bien le langage de ceux qui s’étaient écriés àl’approche d'une telle invasion : la Cour de Rome nouslivre à des brigands.
Le lendemain, les magistrats de Forli étaient députésau cardinal Albani pour lui offrir l’entrée de la ville. Lespontificaux, en effet, occupèrent Forli , sans qu’on leuropposât la moindre résistance. Les habitants s’étudièrentmême à leur faire bon accueil, espérant adoucir par là cesâmes farouches. Mais une rixe s’étant élevée par hasardentre un soldat et un homme du peuple, celui-ci fut tué.Aussitôt un cri terrible s’élève de la place où les papalins