CHAPITRE IV.
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étaient rangés en bataille : Tue! Tue! Pille! Pille! Ce futune affreuse boucherie. Le cardinal Albani, qui étaitattendu dans la soirée, arriva quand le carnage fumaitencore. 11 fit son entrée à Forli au milieu des plaintes desmourants et à travers des rues jonchées de cadavres. Puis,dans une proclamation publiée le jour suivant, cet exé-crable massacre prit le nom de triste accident, et. pourindemniser tant de pauvres familles plongées dans ledeuil, le cardinal n’eut pas honte de proposer une sommede 1,500 fr. à prendre sur la caisse de la ville'.
Comment peindre la fureurqui,à ces nouvelles funestes,s’empara des Romagnols ? Les gémissements des victimesde Forli et de Césène éveillèrent dans toute l'Italie un échoformidable; et, malheureusement, le nom du-gouverne-ment français se trouvait au fond de chaque cri de malé-diction ou d’angoisse.
Le cardinal Albani n’osa pas marcher sur Bologne sansautre armée que celle qui venait de se signaler par de telsexploits. Le secours des Autrichiens fut pour la secondefois invoqué. Leur intervention était depuis long-tempschose convenue entre la Cour de'Vienne et la Cour deRome. Ils fondirent donc sur Bologne , au nombre de sixmille, traînant au milieu d’eux lespapalins, devenus l’ob-jet d’une haine si universelle et si juste. La plus sévèrediscipline avait été prescrite aux troupes autrichiennes :elle fut strictement observée. De sorte que les Autrichiensparurent presque des amis à ceux qu’ils venaient de re-
1 De semblables abominations ne seraient pas croyables au 19 e siècle, siles faits ne reposaient ici sur des témoignages irrécusables. On peut voir àce sujet, une excellente brochure de M. le comte Mamiani intitulée : Pré-cis politique sur les derniers événements des États-Romains.