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HISTOIRE DE DIX ANS.
pousser dans la servitude. On fit honneur de ce résultatà la dextérité de M. de Metternich ; on lui attribua l’in-tention d’accoutumer les Italiens à la domination autri-chienne. Mais sa politique fut soudainement déjouée parune mesure qu’on était loin d’attendre du gouvernementfrançais .
Depuis quelque temps, Casimir Périer avait l’œil fixésur les affaires d'Italie . Non qu’il fût touché de l’oppres-sion qui pesait sur les États du Pape, mais l’ambition dela cour de Vienne l’inquiétait : il aurait voulu prouver auprince de Metternich que, pour mettre le pied en Italie ,les Français n’avaient nul besoin de traverser le Piémont,surtout quand l’alliance anglaise leur permettait de tenirlibrement la mer. Déjà, dès le commencement du mois delévrier, M. Ditmer avait été envoyé secrètement dans lesétats de l’Église, pour y sonder les dispositions des espritset y étudier le véritable caractère des événements. Il n’é-tait pas encore de retour à Paris , lorsqu’on y apprit queles Autrichiens avaient fait leur entrée à Bologne .
Casimir Périer prit sur-le-champ son parti, au risquede déplaire au roi et de'jeter l’alarme au sein de la diplo-matie.
Dans les premiers jours de février 1832, le capitaine devaisseau Gallois reçut l’ordre de prendre le commande-ment d'une division navale composée du vaisseau le Suf-fren , des frégates VArlhémise et la Victoire, et d’un brick ;il dut embarquer sur ces bâtiments le 66' de ligne, com-mandé par ce même colonel Combe qu’attendait en Afrique une mort si glorieuse. La mission du commandant Galloisétait de se présenter devant Ancône et d’y attendre undélégué de M. de Saint-Aulaire, ambassadeur de France