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HISTOIRE DE DIX ANS.
d’Ancône soit par voie d'accommodement, soit par lesmoyens militaires. Le colonel, après avoir hésité un ins-tant à obéir, sans doute à cause de l’égalité des grades,descendit à terre dans la nuit, et gagna la ville au pas decourse. Les portes étaient fermées ; sur le refus des pon-tificaux de les ouvrir, les sapeurs du 66 e en enfoncent uneà coups de hache ; le commandant Gallois escalade lesremparts avec son équipage, et bientôt les Français serépandant de toutes parts, désarment les postes, mettentaux arrêts le colonel Lazzarini, qui était tranquillementendormi, et se rendent maîtres delà ville. Le lendemain,à midi, toutes les troupes étaient débarquées, et le colo-nel Combe, à la tête d'un bataillon, s’avançait sur la cita-delle. Les Français se livraient àl’.espoir d’un combat avecleur fougue ordinaire et brûlaient de monter à l’assaut.Mais les troupes pontificales cédèrent, et, après quelquespourparlers, les Français furent reçus dans la forteresse,sur laquelle flotta aussitôt le drapeau tricolore, si cheraux ILaliens '.
' Le commandant Gallois raconte lui-mëme son expédition dans unelettre adressée par lui à son frère le colonel Gallois, qui, après avoir noble-ment combattu dans la campagne de Pologne, était alors à Vienne , sollici-tant auprès de M. de Metternich , avec l’appui du maréchal Maison, latranslation en France des ofiiciers et soldats du corps de Komarino. Voici lalettre autographe du capitaine Gallois, depuis contre-amiral :
« Mon cher Auguste,
a Tandis que tu me crois à Toulon, je t’écris d’Ancône où je viens deconduire, avec une célérité remarquable (14 jours), une division de deuxfrégates et d’un vaisseau de 9o canons, transportant le 66 e régiment deligne. J’avais ordre d’attendre ici un délégué de M. de Saint-Aulaire, am-bassadeur de France à Rome ; mais cet envoyé ne s’étant pas présenté, j’aijugé convenable de débarquer sans lui, ce qui s’est opéré dans la nuit, en