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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

ché droit à la citadelle, accompagné seulement d’un artil-leur : « Qui êtes-vous, lui demanda le factionnaire? C’est« le commandant de la place, répondit l'artilleur. » Onprésenta les armes à M. Jules Bastide, il entra, prit pos-session de la citadelle et fit sortir une batterie sur la place.Les habitants des campagnes voisines commençaient à seporter sur Grenoble , dont ils épousaient la querelle. Descitoyens en armes cherchaient le préfet, qui, gagné par lafrayeur, se tenait caché dans son appartement et s’était,disait-on, réfugié dans une armoire. Le tocsin pouvaitsonner, et déjà des hommes hardis parlaient de constituerun gouvernement provisoire, projet d’une exécution facileet sûre ; car, en de telles circonstances, qui a l’audace ducommandement en acquiert le prestige et en exerce lesdroits.

Quoi qu’il en soit, les moins ardents s’alarmèrent. Lesmembres de la compagnie franche, malgré la modérationqu’ils avaient déployée, parurent des auxiliaires dange-reux à tous les hommes timides. Deux compagnies de lagarde nationale marchèrent donc à l’hotel du gouverne-ment, où elles relevèrent le poste des jeunes gens, aprèsquelques pourparlers entre les deux chefs.

De son côté, le lieutenant-général Saint-Clair s’étaitdécidé à envoyer au lieutenant-général Ilulot, qui com-mandait à Lyon la division militaire, une députationchargée de demander le renvoi du 35 e . Cette mission futconfiée à M. Julien Bertrand et à M. Jules Bastide, qui,arrivé le 13 au matin à Grenoble , avait joué dans tous cesévénements un rôle important et honorable. M. Bress,aide-de-camp du général Saint-Clair, leur fut adjoint, etils partirent, autorisés par le conseil municipal.