CHAPITRE IV.
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Pendant ce temps, le préfet s’échappait de son hôtelpour aller chercher refuge dans une des casernes, et lagarde nationale se faisait délivrer des cartouches par lamunicipalité. La soirée et la nuit du 13 furent calmes,mais solennelles. Un seul pouvoir était debout, le pouvoirmunicipal. La bourgeoisie était en possession des arse-naux et de la poudrière. Consigné dans ses casernes, le 35's’étonnait du silence lugubre dont il était entouré. Toutela population était sous les armes et attendait.
Le 14, pendant que les envoyés des montagnes des-cendaient à Grenoble , et que des cavaliers partaient entoute hâte de cette ville pour porter dans les communesenvironnantes les exhortations pacifiques de la municipa-lité, le 6' régiment de ligne, un régiment de dragons etune demi-batterie d’artillerie partaient de Lyon et se diri-geaient sur Grenoble .
On commençait à y concevoir quelque inquiétude surle sort de MM. Jules Bastide et Julien Bertrand, représen-tants d’une ville soulevée. MM. Ducruy et Bepeliin, l’unpremier adjoint, l’autre conseiller municipal, se mirenten route pour Lyon , avec mission d’éclairer le généralIlulot sur le véritable caractère des événements. En arri-vant, ils apprirent que MM. Bastide et Bertrand avaient étéaccueillis convenablement par le général ; que les récla-mations de la ville de Grenoble avaient été chaudementappuyées par le préfet de Lyon , M. Gasparin, et que legénéral d’Uzer avait reçu l’ordre d’entrer à Grenoble enpacificateur, d’y faire effectuer le départ du 35', maisseulement après sa réinstallation dans tous les postes. Lesconseillers municipaux firent ressortir tout ce que cetteréinstallation avait de dangereux. Fallait-il flétrir la garde