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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

nationale? Était-il prudent de mettre de nouveau face àface des soldats et des gardes entre lesquels existait laplus ardente inimitié ? Le général Hulot fut touché de cesconsidérations, et modifiant ses premières instructions,il décida que le 35' de ligne ferait sortir un de ses batail-lons, lequel se placerait à la porte de France ; que cetteporte ainsi occupée, le G' de ligne destiné à tenir garni-son à la place du 35' ferait son entrée, se rangerait enbataille sur la place d'armes et relèverait tous les postes-,qu’immédiatement après, le 35' quitterait Grenoble .

Ces instructions furent ponctuellement suivies. Le 1 (>mars 1832, les soldats du 35' sortirent de cette ville oùils laissaient de si douloureux souvenirs ; ils sortirent autravers d’une population morne, silencieuse, et comman-dant à sa colère.

A la nouvelle des événements qui venaient de se passerdans sa ville natale, Casimir Périer donna un libre coursà sa fureur. Une défaite de l’autorité était pour son or-gueil une humiliation impossible à dévorer. Le 19 mars,et sans attendre que les faits eussent été au moins éclair-cis, le Moniteur publia un article où il était dit : que le35', dont le concours avait été légalement requis, avaitfait son devoir avec sagesse et dévoùment ; que colonel,officiers et soldats méritaient des éloges 5 que toutessortes d’outrages avaient été adressés aux soldats quis’étaient trouvés de la sorte dans le cas de légitimedéfense, que de graves blessures avaient été reçues pardes militaires , et qu’on avait perfidement exagéré lenombre de celles qu’avaient reçues les perturbateurs.

Ces étranges inexactitudes, qu’attendait, comme on leverra plus bas , un inévitable et victorieux démenti,