CHAPITRE VI.
24»
Florence, mais une partie de ceux qui devaient s’embar-quer avec la princesse se rendirent secrètement à Livourne .Le 24, à la nuit tombante, une voiture, sortie du palaisducal, et attelée de quatre chevaux de poste, s'arrêtaitnon loin de la porte de Massa, à un endroit où l’ombredu mur est très-épaisse. Cette voiture renfermait la du-chesse deBerri, M m * de Podenas, M 11 " Lebeschu et M. deBrissac. Profitant du moment où le postillon n’était occupéque de ses chevaux, un valet de pied ouvrit la portière :la femme de chambre de M me de Podenas monta dans lavoiture, Marie-Caroline en descendit avec M 110 Lebeschuet M. de Brissac ; puis, la portière se ferma, et les chevauxprirent la route de Florence , sans que le postillon se fûtdouté de rien, et pendant que la princesse, se glissant lelong du mur, se hâtait vers le lieu de rembarquement.A onze heures du soir, la duchesse de Berri et ses compa-gnons se trouvaient tous réunis sur la plage. Le majordes troupes, qu’il avait fallu mettre dans la confidenceainsi que le chef de la police, fit apporter un fanal et re-commanda le plus grand silence, car tout était perdu sil’on eût réveillé les soldats et les douaniers qui dormaientdans les environs.
On attendait pour s’v embarquer le Carlo-Alberto , petitbateau à vapeur acheté en 1831 pour le compte de Marie-Caroline, et que devait conduire près de Massa, au jour età l'heure convenus, M. Adolphe Sala, ancien officier de lagarde. Il y avait deux mois à peine que ce même navireavait transporté de Livourne à Gènes les membres fugitifsdu gouvernement révolutionnaire de Bologne . L’attente futlongue et inquiète. Enfin, une faible lumière brilla au loin,c’était le Carlo-Alberto qui approchait. Les matelots avaien