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Tome troisième.
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HISTOIRE [>£ Ul\ ANS.

cru faire route pour l’Espagne , et le capitaine génois futtrès-surpris, lorsque M. Sala le prévint qu’il fallait se rap-procher de la côte, près de Massa, pour embarquer despassagers en retard. Il s'y refusa d’abord, n’osant braverla rigueur des lois sanitaires; mais il avait à bord desjeunes gens déterminés, dont il dut subir la loi. Ce fut unvif sujet de joie pour les compagnons de Marie-Carolineque la présence du bâtiment désiré. On réveilla la prin-cesse qui s’était endormie sur le sable, enveloppée dansson manteau -, et à trois heures du matin, la duchesse deBerri, M 1 ' 8 Lebeschu, le maréchal Bourmont et son filsAdolphe, MM. de Saint-Priest, de Mesnard et de Brissac,se réunissaient sur le pont du Carlo-Alberto , à MM. deKergorlay père et fils, Charles de Bourmont, Ledhuy, Sa-batier et Sala.

Durant la traversée, la duchesse de Berri fut toujourscalme, toujours souriante. Se souvenant trop bien de lalettre foudroyante de Charette sur la fuite du comte d’Ar-tois en vue des côtes de Bretagne , elle était manifeste-ment dominée par la pensée de laver les Bourbons de cereproche de pusillanimité si souvent encouru par eux.C’était aussi la pensée de MM. de Bourmont, de Kergorlayet de Saint-Priest : ils sentaient bien qu’ici, à côté d’untrône à reconquérir, il y avait en quelque sorte une affaired'honneur à vider; mais ils ne se dissimulaient pas lagravité de l’entreprise, et ils avaient besoin, pour espérer,de croire aux promesses du hasard. M. Florian de Ker-gorlay, cependant, apportait beaucoup de confiance danssondévoûment, et il s’inquiétait de la réservedans laquelleson impatience croyait voir le désir secret de faire échouerou retarder l’aventure.