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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

étaient indépendantes l'une de l’autre, et obéissaient à desimpulsions, sinon contraires, au moins divergentes. LaSociété des Amis du Peuple avait vu naître à côté d'elle laSociété des Droits de l’Homme , si fameuse depuis; et endehors de cette dernière, s'agitaient la Société Gauloiseet le Comité Organisateur des Municipalités . Une grandehésitation résulta de ce défaut d'ensemble. Rien, d’ailleurs,n’était préparé pour une insurrection républicaine ; etbien que la Société Gauloise annonçât, par quelques-unsde ses membres, l’intention d’engager le combat le partise tenait dans l’expectative. Toutefois, dans la soirée du 4juin, quelques membres de la Société des Amis du Peuplese réunirent au boulevard Bonne-Nouvelle, pour aviseraux choses du lendemain. Là il fut décidé, après d'assezvifs débats, qu’on ne commencerait pas l'attaque, maisqu’une collision paraissant inévitable, on se disposerait àsoutenir la lutte avec vigueur. On se ménagea des commu-nications le long du boulevard, et un citoyen dont le nomrappelait degrands souvenirs révolutionnaires, se chargea,quoique désapprouvant l’insurrection, de rassembler, au-delà du pont d’Austerlitz, un certain nombre d’ouvriersintrépides, avec lesquels il pouvait, en cas de trouble,soulever le faubourg Saint-Marceau.

Le 5, de bonne heure, tout Paris fut en mouvement.Ceux qui devaient composer le cortège s’étaient hâtés versles lieux de rendez-vous d’avance indiqués, et, dès neufheures du matin, une foule impatiente se précipitait versla maison mortuaire. On voyait rouler pêle-mêle le longde la rue Saint-Honoré gardes en uniforme, ouvriers, ar-tilleurs, étudiants, anciens soldats ; sur la place Louis XVles élèves en droit et en médecine, mêlés aux membres de