CHAPITRE V1U.
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monies, et qu’elle se gardait bien de reléguer son actionhors du monde matériel, ce qui est le caractère distinctifde toute religion. De là cette conséquence que les saint-simoniens n'avaient nullement à invoquer le principe dela liberté des cultes, et s’étaient rendus coupables, en seréunissant au nombre de plus de vingt personnes, d’uneviolation flagrante de l’article 294 du Code pénal. Passantà la prévention d'outrage à la morale publique, l’avocat-.général demanda s’il n‘y avait rien de contraire aux bonnesmœurs dans une doctrine qui glorifiait l’inconstance, quitendait par la réhabilitation de la chair à élever sur lesruines de la pudeur le règne du plaisir, qui soumettait lemariage à l’exercice d'un droit qui rappelait le droit duSeigneur, qui confiait enfin au Phètre la mission de régu-lariser, de développer et les appétits intellectuels et lesappétits charnels. « Mais, Messieurs, continua l’avocat-gé-« néral, ces doctrines perverses n’ont point passé sans« obstacle. Quand le Père Enfantin a promulgué ces doc-« trines, une femme s’est trouvée là, qui a senti son àme« pure se révolter contre ses conceptions hideuses ; et« elle, faible, timide, elle s’est levée, elle a protesté avec« énergie. »
Au moment où l’avocat-général prononçait ces mots,M m * Cécile Fournel (c’était elle que le ministère publicvenait de désigner à son insu ), M me Cécile Fournel se lèvevivement et s’écrie : « Je suis ici pour protester contre« le rôle que— Taisez-vous, s'écrie, à son tour le prési-« dent. » Et, comme M me Fournel déclarait que, mieuxéclairée, elle avait reconnu la moralité de la doctrine.
« Si vous parlez encore, lui dit le président avec colère,
« je vous ferai mettre à la porte. » Une semblable menace