CHAPITRE VHI.
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cérémonies, le gouvernement n'était guère excusable deles ignorer, lui qui avait envoyé à Ménilmontant, pours ! en instruire, et ses commissaires de police, et ses gen-darmes, et ses soldats. Il est vrai que les saint-simonienss'occupaient tout autant de l'ordre temporel que de l’ordrespirituel. Mais comment l’avocat-général avait-il osé pré-tendre que le propre de toute religion est de laisser endehors de son influence les intérêts sociaux et politiquesde l'humanité? Est-ce que la religion des Indous, celledes Égyptiens, celle des Guèbres, celle des Hébreux, celledes Druides, celle des adorateurs d'Odin , est-ce que le fé-tichisme africain, est-ce que l’Islamisme, n’avaient pasembrassé la morale et la politique, n'avaient pas réglé lesrelations de peuple à peuple, de caste à caste, d'individuà individu? Le catholicisme lui-même n’avait-il pas faitde la politique, en changeant la condition des femmes eten poussant les sociétés à détruire l’esclavage? Les beauxtempsdu christianisme ne s’étaient-ils pas composés d’unesérie de tentatives sur l’ordre temporel, sur César? Etl’a-vocat-général ignorait-il d’aventure ce mot d’un savanthistorien : «Le royaume de France est un royaume fait« par des évêques » ? Après cela, que prétendait-onquandon reprochait aux saint-simoniens d’avoir demandé del'argent? De l’argent ! il en avait fallu aux premiers chré-tiens, eux qui, suivant les Actes des Apôtres , « mettaient« en commun tout ce qu’ils possédaient, vendant leurs« terres et leurs biens pour les distribuer à tous, selon le« besoin que chacun en avait. » De l’argent ! il en avait fal-lu aux diacres de la primitive église, chargés spécialementde recueillir les dons des fidèles; il en avait fallu à la re-ligion chrétienne depuis saint Paul, depuis Jésus ; il lui en