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HISTOIRE DE DIX ANS.
le commissaire de police Joly, celui qui, sous la Restau-ration, avait arrêté Louvel. Arrivé à Nantes , Deutz se pré-sente à quelques légitimistes influents, il parle de dépêchespressantes à communiquer, il sollicite avec instance lagrâce d’être admis auprès de Madame, dont son uniquebut était de découvrir l’asile. Mais déjà certains bruitsalarmants avaient couru dans le parti légitimiste sur lecompte de ce juif; et, d'ailleurs, il était à craindre quela police, qui surveillait les démarches de tous les étran-gers, ne parvînt sur les traces de celui-ci jusqu’à Marie-Caroline. Deutz redoubla de prières, et ce ne fut pas envain. Le 30 octobre, la duchesse de Berri disait au frèredes demoiselles Duguigny : « Demain au soir, à six heu-« res, vous vous rendrez à l’hôtel de France . Vous y de-« manderez M. Gonzague. Vous l’aborderez par ces mots :« Monsieur, vous arrivez d'Espagne . Voici la moitié d’une« carte découpée, M. Gonzague a l’autre moitié. Vous le« reconnaîtrez à ce signe et me l’amènerez. » Le lende-main, en effet, à l'heure dite, M. Duguigny se rendit àl’hôtel de France, reconnut Deutz par le moyen de la cartepartagée, et s’offrit à lui pour guide. Pendant qu’ils des-cendaient tous deux la rue Jean-Jacques et suivaient laroute qui conduit du port Maillard à la rue Haute-du-Chà-teau, Deutz paraissait inquiet, il aurait voulu savoir d’unemanière précise dans quelle maison il allait être reçu.« Dans une maison, lui dit M. Duguigny, où Madame ne« se rend que pour vous donner audience et qu’elle quit-« tera aussitôt après. » A quelques pas de la maison,M. Duguigny fit observer à Deutz que l'une des deux do-mestiques de Madame, Marie Boissy, n’était pas très-dis-crète, quoique d’une fidélité à toute épreuve ; que devant