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.HISTOIRE DE DIX ANS.
« n°2, au troisième étage. Mais auparavant, et de peur de« surprise, tâchons de nous bien reconnaître! » Regardéen face, Reutz fut déconcerté, fit un mouvement convulsif,et dit en balbutiant : « Avez-vous remarqué combien j'é-« tais troublé en arrivant ici? C’est une chose extraordi-« naire. » Alors, montrant à Deutz M. Duguigny, la du-chesse de Berri dit : « C’est un bon Breton, celui-là, d’un« dévoûment absolu et sans bornes. »
Réduit à solliciter une nouvelle entrevue, Deutz, pourl’obtenir, eut recours à une religieuse en qui la duchessede Berri avait beaucoup de confiance, et dont il sut, pard’odieux mensonges, abuser la crédulité.
Cette seconde entrevue fut fixée au 6 novembre. Or, cejour-là, Deutz, pour donner encore plus de prix à ses per-fidies, Deutz alla trouver le maréchal Bourmont, lui appritque le soir même il devait voir la duchesse chez M lle5 Du-guigny et le pressa fortement d’y venir. La police auraitpu s’emparer du maréchal pendant la visite de Deutz ; maisc’eût été compromettre le succès d’une arrestation bienplus importante. Et voilà pourquoi Deutz aurait voulu en-traîner le maréchal chez la duchesse de Berri. Quoi qu’ilen soit, M. de Bourmont fut assez heureux pour échapperà ce piège. Dans la soirée, il sortait de Nantes accablé dechagrin, en proie à une fièvre ardente, et soutenu sur lebras d’un ami.
Cependant, l’heure fatale allait sonner pour la duchessede Berri ; car, cette fois, toutes les mesures avaient étéprises. Des troupes, sous le commandement du généralliermoucourt, avaient été chargées de l’investissement duquartier. Deutz est introduit auprès de la duchesse deBerri. sa bienfaitrice. Le visage de ce misérable est calme;