CHAPITRE VIII.
359
ses paroles ne respirent que le dévoûment et le respect.Cependant un jeune homme entre, et remet à la princesseune lettre dans laquelle on lui annonce qu’elle est trahie.Elle se retourne alors vers Deutz, lui fait partde la nouvellereçue, l’interroge du sourire. Lui, maîtrisant son trouble,il répond par des protestations plus vives de gratitude, defidélité. Mais à peine s’est-il retiré que des baïonnettesbrillent de toutes parts ; des commissaires de police se pré-cipitent dans la maison, le pistolet à la main. Avertie del’approche des troupes, la duchesse de Berri n’a que letemps de se réfugier, avec M 11 * Stylite de Kersabiee, MM. dedeMesnard et Guibourg, dans une petite cachette pratiquéeà l’extrémité de la chambre de la duchesse, cachette for-mée par l’angle du mur et dont la plaque de la cheminéemasquait l’entrée. Ne trouvant dans la maison que les deuxdemoiselles Duguigny, M 1 ”' de Charette et M 11 ' Céleste deKersabiee, qui toutes quatre font bonne contenance, lescommissaires de police, et M. Maurice Duval à leur tète,se livrent aux perquisitions les plus minutieuses. Des sa-peurs et des maçons ont été appelés : on ouvre les meublesou on les enfonce ; on sonde les murs à coups de hache,de marteau ou de merlin. La nuit était venue, et l’œuvrede démolition continuait. Dans l’étroit espace où ils étaientemprisonnés, la duchesse et ses compagnons n’avaient,pour respirer, qu’une mince ouverture à laquelle il fallaitque chacun d’eux vînt successivement coller sa bouche.Du feu allumé dans la cheminée à diverses reprises trans-formait la cachette en une fournaise ardente, et il y eutun moment où les madriers l’ébranlèrent au point queceux qu’elle étouffait dans un cercle invincible tremblèrentd’y avoir trouvé leur tombeau. Il fut décidé, au dehors,