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HISTOIRE DE DIX AKS.
poétique, et à peu près comme les conquérants seplaisentà manier et à remanier le monde : pour le bruit, pour Té-clat, pour l'intérêt de la lutte, pour la grandeur des émo-tions. Pressentant bien les fortes secousses que les jour-nées de juillet allaient donner à tous les peuples, il s’étaitmis, après 1830, à jouer à la baisse 1 sur les plus vastesproportions. Ébranlé déjà par les révolutions successivesqui remuaient alors de fond en comble le sol de la vieille
1 On sait que jouer à la baisse, c’est vendre des rentes quand elles coûtentcher, pour les racheter quand elles coûtent meilleur marché, de façon àgager le montant de la différence.
On sait aussi qu’entre joueurs la vente et le rachat sont deux opérationsqui se sous-entendent. Supposons, par exemple, que les rentes 3 p. 0/0soient à 70, c’est-à-dire coûtent 70 fr. Le joueur à la baisse, qui espère lesvoir descendre à 65 ou 60, en vendra un certain nombre, sans en posséderen réalité une seule. Le moment de la liquidation venu, si la rente est eneffet descendue à 65 ou à 60, il se fera tout simplement payer, par l’inter-médipire de l’agent de change , le montant de la différence : 5 fr. dans lepremier cas, 10 dans le second.
Et, si au lieu d’être en baisse, la rente se trouve en hausse, ce sera aujoueur à la baisse à payer la différence résultant de la hausse.
Jouer à la hausse, c’est calculer sur des éventualités heureuses, c’estacheter de la rente. Jouer à la baisse, c’est calculer sur des éventualitésfâcheuses, c’est vendre de la rente.
Nous avons dit qu’entre le vendeur et l’acheteur, la vente et l’achat sesous-entendent, de sorte que tout se réduit à gagner ou à perdre la diffé-rence résultant de la baisse ou de la hausse. Cependant, l’acheteur aledroit, en offrant le prix des rentes au vendeur, d’exiger de celui-ci laremise des titres des rentes vendues. C’est ce qui s’appelle en termes deBourse , escompter. Pour comprendre quel intérêt on peut avoir à escompter,il ne faut pas perdre de vue que, quand la rente est beaucoup demandée,elle éprouve par cela seul un mouvement de hausse ; que lorsqu’au con-traire elle est beaucoup offerte, elle éprouve un mouvement de baisse.Exiger de celui qui vous a vendu des rentes qu’il n’avait pas, la remise destitres, c’est le forcer à s’en procurer réellement, à en demander ; c’est con-séquemment pousser à la hausse. L’escompte, à la Bourse , est un moyen defaire hausser la rente.