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Tome troisième.
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CHAPITRE VIII.

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Europe, le crédit public en France menaçait de succom-ber-, et la rente, continuellement offerte par Ouvrard, al-lait s’avilissant de plus en plus. Le 6 avril 1831, les fondsfrançais se trouvaient avoir atteint leur minimum debaisse : le 3 p. 0/0 fut coté à 47,50 ; le 5 p. 0/0 à 76,50,et plusieurs agents de change qui avaient spéculé à lahausse disparurent. Cependant, un emprunt de 120 mil-lions venait d’être annoncé, et il devait être adjugé le 19avril. Or, Ouvrard, qui avait été l’âme ou le conducteurde la plupart des opérations à la baisse, Ouvrard semblaitdominer la Bourse . D’ailleurs, l’imminence de la guerreparalysait les efforts et des banquiers intéressés à la hausse,et du ministre qui avait besoin de crédit, et des receveurs-généraux, dont la liquidation menaçait d’être désastreuse,pour peu que la dépréciation continuât. 11 fallait donc àtout prix arrêter ce mouvement, relever les fonds, coupercourt aux opérations des baissiers. Les banquiers se con-certèrent, le ministre des finances appela auprès de lui lesreceveurs-généraux, et il fut arrêté qu'on aurait recoursaux escomptes sur les rentes françaises. Pour réaliser lesmoyens de faire ces escomptes, on convint, assure-t-on,que la maison Rothschild d’une part, que les receveurs-généraux d’autre part, créeraient pour vingt millions devaleurs de crédit environ ; que la Banque de France es-compterait 1 ces valeurs, qu’avec les capitaux fournis parelle, la maison Rothschild et les receveurs-généraux pren-draient livraison des rentes escomptées à la Bourse et lesdéposeraient de rechefà la Banque, qui leur avancerait denouveaux fonds pour continuer leurs opérations. 11 est

1 II faut avoir soin de ne pas confondre les escomptes à la Bourse avecles escomptes ordinaires, les escomptes de la Banque.