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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX AXS*

certain que les 9,11 et 12 avril, on annonçait à la Bourse des escomptes considérables, des escomptes s’élevant àplus de 900,000 fr. de rentes 3 p. 0/0 , et à plus de500,000 fr. de rentes 5 p. 0/0. Ce fut un véritable coupde théâtre. Les fonds remontèrent avec une rapidité ex-traordinaire de 48 et 80 à 58 et 89: si bien que les spé-culateurs qui avaient joué à la baisse furent, comme lesagents de change associés à leurs opérations, ou forcés des'arrêter ou poussés dans l’abîme. C’était tout simple. Lesescomptes obligeaient les vendeurs de rentes fin du moisà livrer ces rentes sans délai aux acheteurs qui appor-taient leurs écus pour payer. Mais les vendeurs ne pouvantremplir la condition qui leur était imposée de la sorte,que par des achats empressés, la hausse était inévitable.Tel fut l’effet de ces escomptes, que, dans tout le moisd’avril, le 3 p. 0/0 se releva de 47 à 62 ou 63, et le 5p. 0/0 de 75 à 90. Et pourtant, la menace d’une guerreeuropéenne était encore si présente aux esprits que l'em-prunt de 120 millions n’avait pas trouvé de soumission-naire à 84 fr., minimum fixé par le ministre, et que lasouscription à l’emprunt national avait produit unesommetrès-minime relativement aux besoins.

La défaite de M. Ouvrard était complète, mais il n’étaitpas homme à renoncer aux spéculations hardies. En 1832,son activité fut de nouveau sollicitée par l’entreprise delàduchesse de Berri. Une Restauration en France exigeaitun grand déploiement de ressources financières. M. Ou-vrard, qui était en Hollande, proposa au roi Guillaume età Marie-Caroline, un projet d’emprunt fondé sur la com-binaison que voici :

Une maison de banque anglaise, attachée à la cause des