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HISTOIRE DE DIX ANS.
consternation y était générale. Cette première tentativen’était-elle pas le signal ou le prélude d’une agression plusterrible? Le cortège parut un moment disposé à rebrousserchemin. Cependant, après deux ou trois minutes d'hésita-tion, pendant lesquelles le général l’ajol, le colonel Raffé,et d’autres officiers supérieurs avaient recueilli à la hâtedes renseignements erronés mais rassurants, on se remiten route. Le coup avait été tiré si près de la troupe deligne formant la haie, que, personne n’ayant été atteint,on attribua d’abord toute cette alerte à l’explosion for-tuite de l’arme d’un soldat ; opinion qui, un instant accré-ditée dans les groupes et parmi les agents de l’autorité,contribua sans doute à l’évasion du coupable, et de sescomplices s’il en existait.
Mais la vérité ne tarda pas à se faire jour. Une jeunefemme, élégamment vêtue, avait chancelé, s’était éva-nouie, et, dans le cercle de curieux formé autour d’elle,on avait trouvé un pistolet récemment déchargé. Bientôt,à quelques pas de là, sur le milieu de la chaussée, que lafoule avait envahie après le passage du cortège, un secondpistolet entièrement semblable au premier, mais chargéet amorcé, fut remis aux agents de la force publique.
Ayant repris ses sens, la femme dont nous avons parléraconta d’un ton plein de terreur qu’un jeune homme étaitvenu se placer devant elle; qu’il avait tiré de sa poche unpistolet, et que, pour mieux ajuster le roi, il s’était faitun point d’appui del’épaule d’un soldat. Elle ajouta qu’elles’était alors efforcée de saisir le bras du jeune homme,mais qu’il l’avait repoussée d’un coup violent dans lapoitrine, et que la brusquerie de ce mouvement avait dé-rangé la direction de l’arme meurtrière. M 11 * Boury, c’était